Quatre récits

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image de l’auteur

Ces quatre narrateurs, qui peut les imiter ?
Ils ont vu de l’amour la secrète puissance,
Ils ont vu d’un errant la tranquille assurance ;
Ils racontent cela, dans leur simplicité.

Était-ce pour le monde une nécessité
De faire à des puissants perdre leur arrogance ?
Les écrits d’autrefois ont répondu d’avance,
Eux qui vont décrivant le monde illimité.

Quand cet arbre de mort devient arbre de vie,
L’homme voit qu’un Sauveur au jardin le convie,
Dont les quatre témoins rapportent le discours.

Le livre est un garant qui jamais ne trépasse ;
Il suffit qu’un lecteur le récite à voix basse
Pour qu’il porte avec joie la pesanteur des jours.

Cochonfucius

 

Théophile à Roncevaux

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image de Pierrette

La vallée retentit d’une clameur si forte
Que Charlemagne au loin l’entendit clairement :
Vers l’Espagne il revint, chargé de son tourment,
Puisqu’au fond de son coeur l’espérance était morte.

Jamais un empereur n’a souffert de la sorte.
Ce qu’il voit devant lui, c’est son neveu Roland ;
Ce qu’il voit dans les cieux, c’est Saint Michel volant
Qui dans ses blanches mains l’âme du mort transporte.

L’empereur est courbé, il sent qu’il est bien vieux,
Le gazon est mouillé des larmes de ses yeux
Et la raison lui est plus qu’à demi ravie.

Il s’en remet à Dieu, quant à son propre sort.
Il n’a plus le vouloir de poursuivre sa vie,
Mais ce serait péché de désirer la mort.

Cochonfucius