Zone

ov-p.png

image de l’auteur

Voici le messager de la zone infernale ;
Il peut porter un mot pour les démolisseurs,
Une convocation pour les affaiblisseurs,
Ou bien, par exception, des missives banales.

Il ne délivre point d’annonces triomphales ;
Sauf, à certains moments, pour les pervertisseurs,
Ou même, à l’occasion, pour les enchérisseurs.
Il aime faire part d’une corvée fatale.

Son cheval de sinople, on peut le voir voler ;
On dit que des agneaux lui furent immolés
Par de sombres démons (ou des anges, c’est pire.)

Cette messagerie ne coûte pas bien cher,
Le postier sobrement nourrit sa maigre chair,
Le sinistre facteur du souterrain empire.

Cochonfucius

Splendeur des blasons

hommage-a-michel-quarez

image de l’auteur

Chandelle de sinople, incomparable émail,
Ornant de tes reflets le robinet de cuivre,
Au pays des blasons ma plume te veut suivre !
Tu seras le sujet d’un prodigieux vitrail

Où se promènera le magique bétail :
De sable un crocolion, de platine une vouivre,
D’argent un gidouillon, d’orange un rhapsode ivre,
Plus une basilique avec son grand portail.

Le soleil, traversant cette verrière étrange,
Fera sur mon bureau danser quelques archanges,
Comme s’ils désiraient se disputer le ciel,

Comme rivalisant auprès de leurs disciples,
Comme voulant piquer son trône à Saint Michel,
Ou pour (car c’est dimanche) amuser le dieu triple.

Cochonfucius

30 avril 2018: Terre d’Héraldie

tu m'as.png

Terre d’Héraldie, lieu d’échanges positifs.
Immense terre qui ouvre si grand son coeur.
Terre où les mots, tels des êtres vivants et vifs,
Sont amis des images et butinent les fleurs.

Terre fertile qui donne toujours naissance
À de l’herbe tendre qu’irriguent les nombreux
Ruisseaux dont l’eau est d’une telle transparence
Qu’elle est comparable à la lumière de

L’imagination éprise de joie. Ici,
Tous les arbres géants ouvrent grand les bras, si
tu lèves les yeux, les nuages, guerriers

Errants, dansent tandis que l’aigle, au loin, décrit
D’ immenses cercles, l’orage se lève et  rient
Les roses qu’on  arrose d’ éclairs et de vent.

Pierrette

Mirabelle, La guerre de Vendée

mirgaz.png

image de Pierrette

Le fermier a mangé des mogettes maisons
Au repas d’au-revoir à sa tante Germaine,
Mais il aime tellement les graines vendéennes
Qu’il en a consommé bien plus que de raison.

À la traite suivant la funèbre oraison,
L’homme fut victime d’un commun phénomène :
Le gaz accumulé dans sa grosse bedaine
S’échappait par l’anus à chaque inclinaison.

Les pets malodorants fusèrent en ribambelles,
Ce qui incommoda grandement Mirabelle,
Pourtant des flatulences elle en a à foison.

D’ailleurs elle en lâcha une importante dose,
Sciemment, sous son nez, juste retour des choses,
Il lutta vainement contre la pâmoison.

Vincent