Trollville

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Ici vivent des trolls blêmes ;
Leur moral est toujours bas.
Ils s’en vont à petits pas,
Comme pour se fuir eux-mêmes.

C’est de mépris pour leur chef
Que s’anime leur poitrine,
C’est en amateurs de ruines
Qu’ils consument leurs jours brefs.

Dès qu’ils sont hors de ma vue,
Le jour, à nouveau, me plaît,
Et la ville, et la forêt,
Et les sylphes, dans les nues.

Cochonfucius

 

Chanson du Comité National de la Recherche Scientifique (1984)

Lorsque les technocrates
Tant fiers et tant polis
De nos écrits débattent,
Ils font « C’est du joli… »

Qu’ils restent dans leurs antres,
Assez nous ont bectés !
Allons-nous dans leurs centres
Pour les y inspecter ?

Mais, pourquoi ce discours ?
Ils sont gueulards, mais sourds.

Ambidragon bûcheron

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Cet ambidragon habite en Essonne,
Il n’a, semble-t-il, jamais vu la mer ;
Au bois de sapins et de chênes verts,
Sitôt qu’il surgit, les arbres frissonnent.

Ce bûcheron fou, ça les désarçonne,
Et ses ailerons qui brassent de l’air
Sans se reposer, l’été ni l’hiver,
Et ne respectant ni rien ni personne.

Ce temps de tourments, quand finira-t-il ?
Nous le diras-tu, monstre peu subtil ?
Quand deviendras-tu un écologiste ?

Ainsi se plaignaient les arbres d’ici ;
De l’ambidragon, le coeur endurci
Resta sans pitié, je trouve ça triste.

Cochonfucius