Hederomulus et Remhederus

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Ils sont frères siamois, car leur tige est la même,
Un dieu leur a donné de jolis noms latins ;
Il boivent chaque jour la rosée du matin,
Un bel oiseau leur parle, un insecte les aime

Dans un été brûlant, dans un hiver extrême,
Ils vivent côte à côte, heureux de leur destin ;
Comme de bons buveurs en un noble festin,
Ils semblent accéder aux mystères suprêmes.

Lierres de nos jardins, soyez heureux chez nous
Pendant le mauvais temps et pendant le temps doux,
Sous l’aquilon sévère ou sous la fraîche brise.

Heureux de vous offrir le mur de ma maison,
Je vous vois prospérer dans toutes les saisons,
Ajoutant vos couleurs à cette pierre grise.

Danse des mots

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Rimeur suis, fier de rimer,
Ma plume ne sait chômer ;
Chaque jour, je la convie
À vous raconter ma vie.

Dionysos plus qu’Apollon
Me fournit en sanglots longs ;
J’ai les plus sages des muses
(Qui de mythes ne s’abusent)
Et j’abreuve mon cheval
De nectar, violent régal :
C’est pourquoi la brave bête
Danse comme aux jours de fête.

Dieu du pampre, je t’invoque
De ces mots sans équivoque :
Par le langage des pierres,
Par le seau qui sert de verre,
Par les pluvians enchantés,
Par le pelgrane envoûté,

Par Saint Denis et sa tête,
Par les lendemains de fête,
Par les noirs corbeaux tordus,
Par l’alligator fondu,
Par le malheureux qui glisse
Quand il offre des saucisses,
Par les oncles des crapauds
Retirés dans leur tripot,
Par l’ivresse d’un archer,
Par un bonhomme éméché,

Par les troquets de Paris
(Plusieurs sont mes favoris),
Par les fiers buveurs en troupe,
Par la bienheureuse coupe
Et le charpentier divin
Qui prend l’eau et fait du vin.

Cochonfucius