Découvreuse

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La sirène capture une improbable épave ;
En figure de proue, elle monte à l’étrave
Et se laisse conduire, au hasard des courants,
Au hasard de la mer et des souffles errants.

Elle avance longtemps sous la lune d’hermine ;
De lumières d’antan les vagues s’illuminent.
— Sirène, parvenant à ta destination,
Comment le sauras-tu ? Je pose la question.

— À ma destination ? Barde, je n’en ai pas ;
Comme les vagabonds qui hasardent leurs pas,
Je mène par ces lieux mon éternelle fuite,
Ainsi que ce poème où les mots vont sans suite.

Cochonfucius

En réponse à « Nef à l’approche »

asaspie

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— Lève tes yeux de ton breuvage,
Tu dois contempler le rivage :
Je vois une nef à l’approche.
— C’est rien, des hommes blancs, sauvages.*

Si ils te parlent d’esclavage
Sache que c’est du lessivage
D’esprit, n’accepte aucun reproche,
Ils te conduiraient au ravage.

Pierrette

*Cochonfucius

Superbe oiseau

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Cet oiseau vénérable est de Dieu l’interprète,
Le fils du charpentier lui dévoile son coeur ;
Car de la Vierge Mère il décrit la langueur,
Et mille autres sujets qu’en noble langue il traite.

La sagesse qu’il montre, elle n’est point secrète,
Elle orne les grands murs de subtiles couleurs ;
Il chante le plaisir, il chante la douleur
Et son premier amour que toujours il regrette.

D’où cela lui vient-il, le dire je ne puis,
C’est un oiseau savant plus que je ne le suis ;
Et du dieu Chronos même il connaît le visage.

Les grimoires d’antan portent son témoignage,
Et comment Lucifer rencontra des ennuis ;
Ce qu’il en dit lui-même est en plaisant langage.

Cochonfucius