Les démons se font termites

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Assemblage de l’auteur

Dans la charpente, rien ne leur est étranger,
Ils connaissent le bois ; le reste, ils l’imaginent.
Tous enfants de la reine, ou frangins, ou frangines,
Vers le coeur des rondins je les vois converger.

Des termites-soldats leur servent de bergers ;
Mais ils n’ont pas de duc, ni de roi misogyne,
Chacun d’entre eux se dit de modeste origine,
En parfaite harmonie je les entends bouger.

Ils craignent vivement la lumière solaire ;
De voir une fourmi, ça les met en colère ;
Ils adorent nourrir un jeune à peine éclos.

Ces hôtes dans la chair des poutres se baladent
Sans aucun appétit pour l’ardoise ou le jade,
Et tout au long du jour construisent leur enclos.

Cochonfucius

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Cheval dans l’azur

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Image du blog Herald Dick Magazine

Je rêve tous les jours d’horizons étrangers,
De chemins fantasmés, de prés que j’imagine,
De juments qui seraient d’adorables frangines
Et de routes passant au milieu des vergers.

Les moutons vont au loin, guidés par leur berger,
Les porcs au potager savourent l’aubergine,
Mais moi, je dois rester à mon lieu d’origine,
Mon maître est casanier, je ne dois pas bouger.

Or, si j’étais un chien, surveillant des galères,
Les océans feraient naviguer ma colère ;
Je tracerais ma route à la faveur des flots.

Rien ne sert de songer à partir en balade,
Je suis sans mouvement, comme un cheval de jade,
Comme un dieu statufié, protégeant cet enclos.

Cochonfucius

Oiseaux dans le figuier

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image de l’auteur

Rien dans ce beau jardin ne leur est étranger,
Ce qu’ils ne savent pas, leur esprit l’imagine ;
Sur l’arbre sont perchés des frangins, des frangines,
C’est toute une fratrie de pilleurs de vergers.

Cette troupe est sauvage et n’a pas de berger ;
Nullement effrayés par le dieu misogyne,
Ils sont toujours restés à leur lieu d’origine,
Aucune imprécation ne les fera bouger.

L’ombre des troncs leur est une horloge solaire,
Ils subissent le froid sans se mettre en colère ;
Ils aiment célébrer le jour à peine éclos.

Or, la plupart du temps, ces oiseaux se baladent
Parmi les fruits de pourpre et les feuilles de jade ;
Mais à la fin du jour, ils regagnent l’enclos.

Cochonfucius

Le lièvre au pays des limaces

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Création de Tauba Auerbach

Alice parcourant le Pays des Merveilles
En subtilise un M et Malice devient ;
« Erveilles » perd son S et Malice l’obtient,
Malices par milliers, comme un essaim d’abeilles

Emplissent le pays de rumeur nonpareille ;
Dans le feu de l’action, un incident survient,
De Malices le nom a changé son maintien,
Limaces maintenant avec le jour s’éveillent.

Jacques Perry-Salkow parle au reste des lettres,
Leur posant la question : “Et vous, qu’allez-vous être ?
Dans « erveille », quel mot, quel nom sera-t-il lu ?”

« Le lièvre » sont les mots qu’avec « erveille » on trace ;
On obtient donc « Le lièvre au pays des limaces »,
La morale en est que… ma foi, je ne sais plus.

Cochonfucius

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