Chanson de la colonie

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18-4-1978

Vous connaissez mon quartier, ou sinon peu importe. Moi non plus, je ne sors plus guère. Je sais pourtant que ma piaule glaciale aux murs gris plâtre, aux murs sans parole, à la moquette merdique infiniment, se trouve au deuxième étage d’un escalier sombre, dans un corps de bâtiment perdu derrière la gare d’Orléans dite d’Austerlitz pour le même prix, et que juste à côté c’est un chantier de démolition, si bien qu’un ami à moi qui connaissait vaguement mon adresse a cru de bonne foi, en passant par là, que la Ville de Paris s’était enfin décidée à abattre mon immeuble lépreux et à en reloger les habitants proprement. Mais non. Je vis toujours là, et les engins de démolition ne cassent que mes rêves du matin.

Alors, où est le drame ? C’est toute une histoire. Je ne sais pas si elle vous regarde.

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Projet de l’oie

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image de l’auteur

Une aventureuse oie s’éloigne de son pré
Pour aller conquérir la grande ville blanche ;
On y entend sonner les cloches du dimanche
Rappelant à chacun que ce jour est sacré.

Dans un bar, elle boit un armagnac ambré
Tandis qu’un vieux buveur auprès d’elle s’épanche ;
Le brave tavernier sur ses clients se penche
Et les rappelle à l’ordre, ainsi qu’un vieux curé.

Ayant bu, cette oie reste impassible et sereine,
Qui vient de nulle part et veut devenir reine,
Et de son vieux voisin n’entend pas le discours.

Dans les rues de la ville, une incroyable faune
Commence son lundi dans l’aube déjà jaune,
Et le projet de l’oie risque de tourner court.

Cochonfucius