La pensée sauvage

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Athéna, qui de Zeus est la très sage fille,
En une tendre fleur s’est incarnée un jour ;
Elle trouve au jardin sa nouvelle famille,
Ne songeant plus jamais à d’étranges amours.

Si la soif la saisit sous le soleil qui brille,
C’est le bel arrosoir qui vient à son secours ;
Elle entend, le matin, les oiseaux qui babillent,
Ou bien, de temps en temps, des bruits de basse-cour.

Le corbeau lui apprend les prières chrétiennes
Qui diffèrent des sorts que jadis elle apprit ;
Puis, elle lit, la nuit, ce que le ciel écrit.

La condition de fleur, peu d’immortels l’obtiennent,
Celui qui la possède en peu de temps périt ;
C’est pourquoi, prudemment, la plupart s’en abstiennent.

Cochonfucius