Nocturne

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Toile de Ford Madox Brown

Le monde étrange du sommeil
où luisent de sombres éclats
foisonne de monstres pareils
aux fantômes de l’au-delà

Mais j’aime ce monde incertain
et la noirceur de son soleil
car c’est là du soir au matin
que je cueille les fruits vermeils

de nos impossibles amours
car en rêve ou en insomnie
en discorde ou en harmonie

le coeur léger ou le coeur lourd
joie ou tristesse en ma mémoire
à toi je pense en la nuit noire

Cochonfucius

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Valentin sous la terre

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Toile de Hieronymus Bosch

L’amour en inframonde, un désordre infini !
Une chimère adopte un petit cochon rose,
Des corps vont s’unissant pour de futiles causes,
La cigogne rencontre un dahut dans son nid.

Le lourd catoblépas arbore un bikini ;
Le léger colibri sur l’iguane se pose.
Nul arbitre, nul flic à cela ne s’oppose :
Sur ces cas, le juriste est assez démuni.

Les principaux démons siègent sur des gradins,
Contemplant ces ébats dans leur sombre jardin :
— Il ne fait pas trop froid, notre lave est bien rouge !

Un rhapsode égaré se croit chez Dupanloup ;
— Monseigneur, est-ce vous ? Votre visage est flou,
Il est mal éclairé, puis, tout le temps, il bouge.

Cochonfucius

Théorie

Réalisations de Nicolas Queinnec

En préambule une citation d’Etienne DECROUX (1898 – 1991) comédien et fondateur du Mime Corporel :

« On a demandé au grand sculpteur Carpeaux de faire quelque chose de beau pour mettre au fronton de l’Opéra : « l’Esprit de la danse ».

On a demandé à Maillol, un autre grand sculpteur ce qu’il pensait de ce travail et il a fait cette réponse d’imbécile vulgaire, d’autant plus surprenante qu’il était très fin :

« C’est bien, mais pourquoi a t-il mis des cuisinières ? »

Mais bien sûr que ce sont des cuisinières et c’est pour ça que c’est bien, parce que leurs corps opulents sont soulevés par l’Esprit de la danse. Ce qui prouve la force de cet esprit qui soulève des corps qui sont fait pour stationner »

Les « dits » d’Etienne Decroux. Recueillis par Thomas Leabhart, Claire Heggen et Yves Marc de 1968 à 1987. Etienne DECROUX, Mime corporel. Sous la direction de Patrick Pezin. L’entretemps. Saint jean de Védas 2003)