Australopithèques

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Toile de Fernand Cormon

Jamais de charpentier parmi les australo-
Pithèques, semble-t-il ; par voie de conséquence,
Nul fils de charpentier n’a pu, de sa présence,
Consoler ces enfants par l’esprit et par l’eau.

Leur sang qui, certains jours, pouvait couler à flots,
Ne fut jamais offrande à douce providence,
Mais du sang, simplement. Cette rouge évidence
Ne fut pour aucun d’eux l’occasion d’un sanglot.

Sans aucun charpentier, scribe ni président,
Ils conduisaient leur vie, avec ses incidents
Pour lesquels n’existait nulle législature.

Privés de rédempteur, qu’ont-ils ainsi perdu ?
Ils vibraient comme nous d’un amour éperdu ;
Ils respectaient leurs morts et leur progéniture.

Cochonfucius

Que vienne cet automne

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Toile de Marie Pierre

Que vienne cet automne, et que nos amours mortes
Dans le fond de nos coeurs deviennent souvenirs.
Les jours seront plus courts, et moins forts nos désirs,
Et sur notre chagrin nous fermerons nos portes.

Et l’automne a ses fleurs, mais au fond, peu importe :
Rien n’oblige à les voir, rien n’oblige à sortir,
Ni à voir les oiseaux qui vont bientôt partir
Où le grand vent du Nord vivement les emporte.

Que dans nos deux jardins poussent les mêmes fleurs,
Ou qu’il n’y en ait pas deux de la même couleur,
L’automne très bientôt tuera leur corps qui tremble.

Une fleur aplatie aux pages d’un roman,
Au printemps revivrait ? Je ne vois pas comment.
Pourtant, je sens sa vie dans mon coeur, il me semble.

Cochonfucius

Le printemps

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Toile de Rashmi Pitre

La poésie fleurit sur les douleurs tranquilles,
Son tissage patient se veut consolateur.
Nous n’irons plus nager au large de notre île,
Nous avons renoncé à franchir l’Equateur.

Ton travail, mon travail, nos jardins, nos deux villes…
Car nous ne sommes pas des oiseaux migrateurs.
Nous sommes à un âge où l’on devient stérile,
Le désir amoindri d’un froid libérateur.

Soyons heureux pourtant car le printemps s’approche.
Quand les choses vont mal, on fait face, on s’accroche,
Une épreuve pour nous n’est rien qu’une leçon.

J’écris à l’encre noire avec un coeur noirci.
Obscur devient ce monde, et mon esprit aussi,
Reviendra le printemps et sa douce chanson.

Cochonfucius

 

Merci pour ton sourire

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Toile de Jose Roosevelt

Pas de plus fort poison dans l’univers,
J’en avais fait cependant mon breuvage.
J’étais au point d’y perdre mon langage ;
J’allais cherchant mes mots tout un hiver

Et au printemps qu’arbres se refont verts,
Et que d’Amour une saison sauvage
A propagé le feu dans ces parages,
Amour que j’ai, alors, redécouvert.

J’ai célébré chacun de tes retours.
Plus fort que moi se montrait cet amour
Sous le soleil et sous la lune claire.

Toujours tes mots faisaient chanter mes mots,
Et c’est ta voix qui soulageait mes maux,
Tendre princesse aux yeux crépusculaires.

Cochonfucius

Tour des mirages

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image de l’auteur

J’ai rêvé d’une tour géante,
Au sommet danse un officier,
Plus près du sol, un cuisinier,
Marmiton rondouillard qui chante.

Ce sont des envoyés célestes
Qui vont fêtant le Nouvel An :
Le troisième est un chambellan
Qui connaît quelques chansons lestes.

Un fantôme vêtu d’un drap
Qui semble un bonhomme de neige
M’est familier. D’où le connais-je ?
Je ne sais, ça me reviendra.

Cochonfucius