Toussaint

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Blason des Deidia

Ils sont nombreux les bienheureux
Qui n’ont jamais fait parler d’eux
Et qui n’ont pas laissé d’image.
Tous ceux qui ont depuis les âges
Aimé sans cesse et de leur mieux
Autant leurs frères que Dieu.

Ceux dont on ne dit pas un mot,
Ces bienheureux de l’humble classe
Ceux qui n’ont pas fait de miracle.
Ceux qui n’ont jamais eu d’extase
Et qui n’ont jamais laissé d’autre trace
Qu’un coin de terre ou un berceau.

Ils sont nombreux ces gens de rien,
Ces bienheureux du quotidien
Qui n’entreront pas dans l’Histoire ,
Ceux qui ont travaillé sans gloire
Et qui se sont usé les mains
A pétrir, à gagner leur pain.

Ils ont leur nom sur tant de pierres
Et quelquefois dans nos prières.
Mais ils sont dans le coeur de Dieu.
Et quand l’un d’eux quitte la Terre
Pour gagner la maison du père,
Une étoile naît dans les cieux.

Anonyme
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D’azur semé d’étoiles d’or

Samain, Kala-goañv

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Blason sanglier

Fête joyeuse où l’abondance des récoltes
Permet de chasser le spectre de la famine.
Fête de la saison trop sombre où virevoltent
Quelques souvenirs de l’été, qui acheminent

Le fruit des moissons. Samain, temps de la dévolte:
L’hiver permet de se reposer! y culmine
Le temps de l’éternel retour mais sans révolte.
Terme ou bien commencement d’un cycle où domine

À la fois, la mort et la régénération
Du temps?  Fête du passage et transformation
D’un temps à un autre, frontière qui rassemble

Tout le cosmos celtique dans l’espace où semble
Se confondre humains et divin : l’affirmation
De l’existence de l’Autre Monde en tension.

Pierrette

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D’or, au sanglier de sable visé et défensé d’azur sur une terrasse de sinople

Sous les rafales

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image de l’auteur

Un ermite contemple une branche qui tombe,
Bois mort qu’ont détaché les rafales d’hiver ;
Le vent a dispersé les ornements des tombes
Et fait trembler sur pied les cyprès toujours verts.

Le vieillard se promène, arrosé par les trombes ;
Il a si souvent vu s’agiter l’univers
Qu’à des effrois communs, rarement, il succombe,
C’est doux d’aller au vent, quand on est bien couvert.

Le cimetière exhale une odeur de forêt ;
Presque aucun visiteur aujourd’hui n’y paraît,
Au milieu d’une allée danse une fleur séchée.

— Tu n’es pas à l’auberge, avec ce mauvais temps ?
— Je préfère être ici ; mais je boirai pourtant
La bouteille qu’auprès d’un tombeau j’ai cachée.

Cochonfucius

La plume

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Dessin de Beverly Marshall

Qui dira les pouvoirs d’une vibrante plume
Quand la partie adverse est imprégnée d’écume
Quand les corps sur le lit sont des bestiaux qui fument
Coeur contre coeur battants deux silex qui s’allument

Puis la plume devient la pénétrante lame
Qui s’introduit au fond d’un volcan plein de flammes
Dans l’écho des deux voix qui leur bonheur proclament
Tandis que dans les airs des anges les acclament

Oubliant cette vie oubliant nos problèmes
Perdus dans cette danse en forme de poème
Devenant de l’amour le composite emblème

Soudain quand nos deux corps ne trouvent plus la rime
Ils quittent à regret les rivages sublimes
Tremblant à l’unisson dans un soupir ultime

Cochonfucius