Hadès et Dionysos

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Non, je ne te dis pas d’aimer la mort cruelle,
Ni, non plus, d’adresser une prière aux cieux ;
Sitôt que ton visage aura fermé ses yeux,
Ton âme cessera de se croire immortelle.

Nous sommes en été. Que la lumière est belle !
Je ne vois dans le ciel qu’un astre glorieux ;
S’il achève le cours de son vol gracieux,
Il brille, au lendemain, d’une splendeur nouvelle.

Hadès et Dionysos, dois-je vous adorer ?
En vous, des malheureux jadis ont espéré ;
Hadès, non Dionysos, a leur soif assouvie.

Sur un lit d’hôpital, des maux peuvent guérir,
En dépit de cela, le patient doit mourir ;
Quand un poète meurt, il sourit à la vie.

Cochonfucius

Dernière ligne droite

 

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J’écris ces vers avant que de m’éteindre,
Quelques mots qui n’ont pas de sens caché ;
Pour ceux auxquels je me suis attaché,
Pour le destin que je ne saurais craindre.

Ce que je vois, je ne sais pas le peindre,
La soif que j’ai, je ne peux l’étancher ;
En mes amours ne sais vers qui pencher,
Pour tant de lois que je ne veux enfreindre.

De mon godet je bois jusqu’à la lie,
Quand la serveuse à consommer m’entraîne ;
Or, telles sont mes modestes complies.

Mes bons amis, l’ivresse n’est pas vaine,
Villon le chante, alors, trinquons ensemble,
Car la taverne au paradis ressemble.

Cochonfucius