Jamais sur mon berceau

Johanne

image de Pierrette

Jamais sur mon berceau tu n’as penché ton front
Et ton regard jamais n’a couvé de tendresse
Le bébé rose et blond qui vagissait au fond,
Qui n’a jamais reçu de ta main de caresse…

Jamais tu n’as étreint tout contre ta poitrine
En reposant sa tête au creux de ton épaule
Cette petite fille enjôleuse et mutine
Dont la mère arborait un sourire un peu drôle.

Jamais tu n’as posé de baiser paternel
Sur mes joues où souvent, lors de l’adolescence,
Les larmes scintillaient épandant l’âpre sel,
Pour consoler ma peine en pleine effervescence.

Et tu n’étais pas là pour guider de ton pas
La trop jeune épousée, entrant dans cette église,
Qui aurait tant voulu reposer sur ton bras
Son grand bonheur de femme à cette heure précise.

Jamais sur son couffin tu n’as penché ton front
Et tu n’as pas connu la fierté du grand-père
En prenant dans tes bras le petit garçon blond
Le jour où loin de toi je suis devenue mère.

Aujourd’hui étant vieux, tu te retrouves seul
Avec des souvenirs où je n’ai pas ma place
Tu n’as que des regrets alors que sur le seuil
De la mort, esseulé, ton cœur fait volte-face.

Et le mien, sans ciller, t’accorde son pardon…
Heureuse je me dis : « Enfin voici mon père ! »
Remerciant le ciel de la vie où le don
De l’amour paternel magiquement opère !

Johanne Hauber-Bieth
(Cannes, Alpes-Maritimes, France)

Note de l’auteur : Mon père m’a reconnue « officiellement » le 25 avril 2000 puis est décédé le 15 juin de la même année…

Shakespeare, sonnet CXI

ovjy

image de Cochonfucius

O! for my sake do you with Fortune chide,
The guilty goddess of my harmful deeds,
That did not better for my life provide
Than public means which public manners breeds.

Thence comes it that my name receives a brand,
And almost thence my nature is subdued
To what it works in, like the dyer’s hand:
Pity me, then, and wish I were renewed;

Whilst, like a willing patient, I will drink
Potions of eisel ‘gainst my strong infection;
No bitterness that I will bitter think,

Nor double penance, to correct correction.
Pity me then, dear friend, and I assure ye,
Even that your pity is enough to cure me.

 

*  *
*

Ha ! ne me blâme plus, mais blâme mon destin
De tout ce que je fis de laid et de coupable !
Car lui seul enfonça mes pieds nus dans le sable
Où je m’enfonce, sans nul secours du lointain.

Ne me blâme donc plus de ce regard hautain
Qui pèse ma pensée et me juge et m’accable !
On a menti… Je suis le jouet de la fable,
Et l’on raille en parlant de moi dans un festin.

Ton regard clair me trouble et me décontenance.
Oui, je le sais, j’eus tort en mainte circonstance,
Et, très pieusement, je rougis devant toi.

Mais partout la Douleur m’a traquée et suivie.
Ne me blâme donc plus, chère ! console-moi
D’avoir si mal vécu ma lamentable vie.

Renée Vivien

Autoportrait (Liliana Negoi and C.)

ange-et-porc.png

image de Cochonfucius

i’m just a bunch of words in sweet disguise,
i live inside the scent of incense burning,
i travel on the wings of dreams that rise
inside that tender second of your yearning

Je suis ces quelques mots en savoureux costume,
Je vis dans le parfum des combustions d’encens.
Sur les ailes d’un songe on me voit, me glissant
Au coeur de ton désir tendre comme une plume.

to feel the taste of passion on your tongue…
i’m partly from this world of flesh and feeling
and partly from the one of songs unsung
that wrap your heart within a silent healing…

Sur ta langue je bois la passion qui s’allume,
J’appartiens à moitié à ce monde pensant
Et pour l’autre moitié, aux chants évanescents
Qui entourent ton coeur de bienfaisante brume.

i am not worth the beauty of your love
for i am just a mist of burning pleasures,
a flame lit by the angels high above
to guide you through the night’s unearthly treasures…

Ne méritant ce coeur, je ne suis que plaisirs
Allumés par un ange aux ailes du désir,
Découvrant de la nuit les trésors incroyables.

so if you think my soul is what you’re reading,
think twice – it’s just the shadow of its bleeding…

Si tu crois de mon âme être le découvreur,
Sache que tu pourrais te trouver dans l’erreur,
Tu n’as que le reflet de son sang sur le sable.

Cochonfucius
et
Liliana Negoi and C.

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Kemper – Corentin

La ville du roi Gradlon

Quimper galerie 1

D’azur au bélier passant d’argent accorné et onglé d’or, au chef d’hermine.

Ce blason fut enregistré à l’armorial général de France de 1696. Le bélier s’explique par une mauvaise lecture d’un sceau de la ville datant du Moyen âge qui représentait un cerf bien encorné évoquant la Cornouaille dont Quimper était la capitale.

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Un hommage à Pouchkine

Bugac-H.jpg

Blason du  village de Bugac ( Hongrie)

Le fier Oleg sur un cheval
De son palais s’éloigne ;
Plus d’un ministre et d’un vassal
De sa grandeur témoignent.

Ils trouvent, au bout d’un moment,
Pas très loin du rivage,
De vénérables ossements
Sous les herbes sauvages.

Le prince a posé son soulier
Doucement sur le crâne
Du cheval, jadis familier ;
Puis il parle à ses mânes.

— « Dors, solitaire compagnon,
Te survit ton vieux maître ;
Et quand mes derniers jours viendront,
Tu ne pourras renaître
Pour offrir ton sang chaleureux
Sur ma tombe vermeille ».

Mais caché dans l’ossement creux
Un serpent se réveille :
Il s’enroule autour du talon
Comme une corde mince.
À peine un cri, ce n’est pas long,
Et c’est la fin du prince.

Cochonfucius

Le conte de Pouchkine

vasnetzoff

Toile de Victor Vasnetsoff

Ce conte de Pouchkine sur l’amitié, Le prince Oleg, m’a toujours beaucoup impressionnée, et cela depuis l’enfance :

Chevauchant son noir destrier, le prince Oleg s’en va par les sentiers de la forêt profonde combattre les Kamirs qui ont attaqué son royaume. La lumière de la lune filtrant à travers les arbres illumine sa cuirasse et l’étoffe brodée qui recouvre sa monture. Il galope sans fin dans les sentiers solitaires et l’ardeur de la lutte prochaine fait voler dans la nuit cavalier et cheval. La terre frémit sous les sabots qui la foulent et les feuilles murmurent, agitées par le vent de la course. Cependant, l’angoisse s’est insinuée dans le cœur d’Oleg. Quel sort lui a été réservé ? Conservera-t-il la vie, demain, sur le champ de bataille ?

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Le blason est toujours vivant à l’ère atomique

L’héraldique est un système emblématique qui unit le tout à l’un et l’abstrait au concret.

  Le tout à l’un,

parce que l’héraldique peut aussi bien représenter l’atome que l’univers et cela en passant par la famille, les ordres, les métiers ,les villes, les marques…

L’atome

Saclay_(Essonne)

Saclay (Essonne, Ile-de-France) 

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De gueules à un noyau d’atome d’or entouré de quatre électrons d’argent traçant de sable, au chef ondé d’azur soutenu aussi d’argent, chargé d’un écusson de sable aux trois besants d’argent accosté de deux fleurs de lys aussi d’or.

Les métiers, les villes, les marques

Dans toute ville d’une certaine importance le motif des enseignes de magasins s’inspire le plus souvent de l’art héraldique. Les marques d’automobiles elles-mêmes font la part belle aux armoiries. Il est peu de villages, de clubs sportifs, de groupements de provinces, de régiments, d’associations, qui ne restent fidèles à cette science élégante du blason que les vieux auteurs appelaient le noble savoir.

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