Le sauveur

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L’Ascension de Giovanni Bernardino Azzolino (1572—1645))

Pour la paix de l’esprit, et, à plus forte raison, pour la méditation, il n’y a rien de tel que d’être oublié. C’est la meilleure condition, si on veut se retrouver. Plus personne entre soi et ce qui compte : on est de plain-pied avec l’essentiel. Plus les autres se détournent de nous, plus ils travaillent à notre perfection : ils nous sauvent en nous abandonnant.

Cioran

Vincent

Mirabelle au Nirvana

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Mirabelle a brouté à ne plus en pouvoir,
L’herbe verte d’un pré parsemé de spargoutes,
Puis on tira son lait, jusqu’à l’ultime goutte,
Une nuit reposante, il lui tarde d’avoir.

Cependant le fermier n’a pas fait son devoir
De changer sa litière, ayant bu trop de goutte,
Et Morphée ne vient pas, tant l’odeur la dégoute
(Le même déplaisir, Job a dû percevoir).

Bien plus tard, le sommeil, sur l’infection l’emporte,
Et quelque temps après, un rêve la transporte
En Inde, où pour les vaches, on a bien plus d’égards :

Krishna l’a recouverte avec moult parures,
Et lui joue de doux airs dans un trou de verdure,
Elle est au nirvana, loin du puant hangar.

Vincent