Madame de Sévigné

 

102-Sevigne-_de_

Blason de Marie de Rabutin-Chantal, Madame de Sévigné, 
à Paris, au château de Grignan (Drôme).

______

La peste à Paris au XVIIème siècle

Dans le genre « historico-littéraire », voilà ce que Madame de Sévigné écrivait à sa fille Pauline de Grignan en des circonstances similaires :

« Surtout, ma chère enfant, ne venez point à Paris !
Plus personne ne sort de peur de voir ce fléau s’abattre sur nous, il se propage comme un feu de bois sec. Le roi et Mazarin nous confinent tous chez nous. Cela m’attriste, je me réjouissais d’aller assister aux prochaines représentations d’une pièce de Corneille dont on dit le plus grand bien.
Nous nous ennuyons un peu et je ne peux plus vous narrer les dernières intrigues à la Cour, ni les dernières tenues à la mode.
Heureusement avec ma chère amie, Marie-Madeleine de Lafayette, nous nous voyons discrètement, et nous nous régalons des Fables de La Fontaine, dont celle, très à propos, « Les animaux malades de la peste » !
« Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés » ».

_______

Écartelé  de sable et d’argent

A un chat

reder

Sonnet de Bertazzi, sur un tableau de Giovanni Reder

Por un bacio dato da una bella e grande signora
Pour un baiser que donna une belle et grande dame

A un gatto
À un chat

Questo scolpito in tela amabil Gatto
Gustó di bella dea bacio amoroso,
E al vivo poscia fattone il ritratto,
Si tien bien custodito, e assai geloso.

Cet aimable chat qu’a dépeint l’artiste
Eut de la déesse un baiser très fou ;
Puis il a posé pour son portraitiste,
Lui le bon gardien, lui l’amant jaloux.

Affinchè possa appien serbarsi intatto
Qual Armellin, che vive timoroso,
El acció preso non sia, sen fugge ratto
À stare in bosco, o in luogo più nascoso.

Et pour que sa vie intacte subsiste,
Nous voyons l’hermine, un animal doux,
Qui va s’éloignant de voies et des pistes,
Cachée dans un bois, ou je ne sais où.

Cosi tu’ ancora, o Gatto avventurato,
Serba intatta la bocca e puro il core,
E à colei pensa sol, che ti ha baciato ;

Et toi, petit chat, toi l’aventureux,
Ton museau, ton coeur bien purs tous les deux,
Pense à celle qui ce baiser te donne ;

E fà che solo a me permetti amore,
Che un bacio scocchi e mi riprendi il dato
Bacio amoroso per temprar l’ardore.

Et fais que je sois ton unique amour,
Pour nous embrasser chacun, tour à tour,
Apaisant l’ardeur où je m’abandonne.

Cochonfucius

Le chat

mitsou

Le chat lutte avec une abeille
autour de sa fourrure ,
je vois l’azur et ses merveilles ,
un arbre, une mâture ,

la mer apporte à mon oreille
le bruit des aventures
que nous vivrons si tu t’éveilles ,
témérité future.

Je me consacre aux vertes îles ,
favorables au sage
qui sait trouver un dieu tranquille

entre palme et rivage.
Le chat s’en va, brillant et beau ,
pour guetter les oiseaux.

HENRI THOMAS

Toussaint

deydier1.gif

Blason des Deidia

Ils sont nombreux les bienheureux
Qui n’ont jamais fait parler d’eux
Et qui n’ont pas laissé d’image.
Tous ceux qui ont depuis les âges
Aimé sans cesse et de leur mieux
Autant leurs frères que Dieu.

Ceux dont on ne dit pas un mot,
Ces bienheureux de l’humble classe
Ceux qui n’ont pas fait de miracle.
Ceux qui n’ont jamais eu d’extase
Et qui n’ont jamais laissé d’autre trace
Qu’un coin de terre ou un berceau.

Ils sont nombreux ces gens de rien,
Ces bienheureux du quotidien
Qui n’entreront pas dans l’Histoire ,
Ceux qui ont travaillé sans gloire
Et qui se sont usé les mains
A pétrir, à gagner leur pain.

Ils ont leur nom sur tant de pierres
Et quelquefois dans nos prières.
Mais ils sont dans le coeur de Dieu.
Et quand l’un d’eux quitte la Terre
Pour gagner la maison du père,
Une étoile naît dans les cieux.

Anonyme
_____
D’azur semé d’étoiles d’or

Le quadrilatère sacré

Troménie-carré

Le calendrier celtique correspond fortement à ce que nous sommes, il est constitué d’une moitié sombre, semestre hivernal :1 novembre à la fin avril et d’une moité claire semestre estival : 1 mai à la fin octobre.

Lors de la Troménie à Locronan qui a lieu tous les 6 ans, alors que les pèlerins mettent leurs pieds dans les pieds de Saint Ronan, on peut dire qu’ils miment la course du soleil et sacralisent le Temps.

Le parcours commence à l’ouest , là où le soleil se couche, les stations 1,2, 3, 4 sont placées dans cette zone, ce sont les calendes d’hiver, avec Samain ou Kala-goañv, le 1er novembre, c’est la fête des récoltes y compris celles des âmes. Puis vient Imbolc ou gouel Berhad, gouel ar goulou, nevez-amzer le 1er février où l’on fête Brigit une divinité féminine. Les pèlerins sont au plus bas du parcours, ils passent les stations 5,6,7, cette dernière symbolise Beltan ou Kala-Hahv, le premier mai, on passe à la calende d’été, dans la période claire, les pèlerins sont alors à l’est, là où le soleil se lève . Ils gravissent la montagne, ils passent les stations 8,9 et la 10 ième station, en haut de la montagne : Plas ar horn, ce lieu symbolise Lugnasad ou gouel aneost ou diskar-amzer, c’est le temps du 1 août, le jour va commencer à diminuer, c’est aussi la fête du dieu Lug, le dieu polytechnicien. Les pèlerins passent ensuite les stations 11, 12, ils arrivent à nouveau vers l’ombre vers le coucher du soleil. Le Quadrilatère sacré est achevé.

Au centre du quadrilatère, le centre astronomique, la terre serait en contact avec le divin. Notre Foi chrétienne vient d’une Foi beaucoup plus ancienne.