L’horloge

rituel

image de Pierrette

Voici l’horloge des saisons
Qui nous enseigne la raison,
Et nous dit quand il faut sortir
Ou se tenir à la maison.*

Elle compte tous les blasons
Qui passent dans cette maison
Elle ne peut s’assujettir
À nulle autre diapason.**

Et chaque jour nous devisons
Du temps fou sans comparaison ;
Le ciel s’applique à garantir
Ses infinies combinaisons.***

“Aimer à perdre la raison”
Voilà une combinaison
De mots qu’il faut anéantir ;
Puisque l’amour est déraison.****

*Cochonfucius
**Pierrette
***Ada
****Vincent

Dieu sans emploi

uxku.png

image de l’auteur

Il n’a pas de cosmos, il n’a pas de troupeau ;
Il n’est ni dieu des flots, ni démon des épaves,
Ni dieu des bons flacons, ni démon de la cave,
Ni dieu des lupanars, ni démon des tripots.

Il n’a pas de servants revêtus d’oripeaux,
Pas de bol qu’on remplit, pas de verre qu’on lave ;
C’est un dieu sans emploi, je le trouve bien brave,
Plus vif qu’une limace et plus beau qu’un crapaud.

En son humble maison dont jamais nul n’approche,
Nous ne l’entendons pas proférer de reproches ;
Il fuit la transcendance et tout ce saint-frusquin.

Il me plaît de parler de ce dieu sans royaume,
Car j’aime les vivants, mais surtout les fantômes
Et les corbeaux tordus qu’on voit dans mes bouquins.

Cochonfucius

Parmi les dunes

lions-azur-gueules.jpg

image de l’auteur

Un désert sablonneux autour de moi je vis,
Qu’un soleil éclatant de ses trente rais dore ;
Ne sachant quels ennuis j’allais subir encore,
J’étais dubitatif, et pas vraiment ravi.

En ces lieux écartés, nul ne m’avait suivi,
Sauf un lion familier qui d’azur se colore ;
De gueules son comparse (un émail que j’adore)
Avait aussi rejoint ce coin mal desservi.

Nous étions égarés, nous manquions de breuvage,
Nous ne pouvions trouver le plus petit ombrage ;
Mais un jeune garçon apparut sous nos yeux,

Qui voulait un mouton (ou du moins, son image).
Là, mon rêve a pris fin, dissipant le mirage ;
Mais combien j’aimerais retrouver de tels cieux !

Cochonfucius

Blasonnement hésitant

gueules

image de l’auteur

De gueules, cet écu, cette pure merveille
À deux lions orangés qui dorment à moitié,
À un monstre volant qui dit : Ayez pitié !
(Mais que peut donc bien être une bête pareille ?)

Comment le blasonner, si l’un des lions s’éveille
Et sort pour se livrer à son sort de guerrier,
Ou si d’une antilope il se fait meurtrier ?
(Ou si, sur son museau, se posait une abeille ?)

Ou si, parmi les lions, venait un tamanoir,
Un phoque, un éléphant, un ours, un cheval noir,
Un bestiau non décrit dans la littérature ?

Ou si le vent changeait la teinture du champ,
S’il devenait de sable, ou d’azur, ou d’argent ?
Du cercle, l’héraldique est parfois quadrature !

Cochonfucius