Taureau de pluie

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Sous une forte pluie danse un taureau vivace
Contemplé d’assez loin par un porc indolent ;
Les moutons d’à côté vont d’un pas plutôt lent
Vers l’humble bergerie à la toiture basse.

Or, ce même taureau patinait sur la glace,
Sans crainte de tomber, allégrement glissant ;
Car il est plein de vie, ce taureau blanchissant,
Et la longueur des ans n’éteint pas son audace.

Parfois, au point du jour, sous un arbre il se cache
Afin de s’amuser à surprendre une vache,
Sur elle ayant jeté, ce jour, son dévolu ;

Car c’est un taureau fou, c’est un taureau de flamme,
Que pour prince la Terre et le Ciel ont élu ;
Mais il oublie tout ça pour les yeux d’une Dame.

Cochonfucius

Le coeur peut bien souvent frémir

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Toile de Pilar Franco

Le coeur peut bien souvent frémir
Quand la solitude se creuse ;
Quand des souvenirs d’amoureuses
Avec lui feignent de dormir.

Ainsi qu’au bord d’une falaise
Voltige un goéland moqueur,
Les rêves font danser mon coeur
Et cette danse est un malaise.

Ce soir, tel est tout mon avoir.
Ne croyez point que je me plaigne,
C’est juste mon âme qui saigne ;
Pourquoi ? J’aimerais le savoir.

Cochonfucius

Gueules, or, azur

salamandre

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Dans un ciel de gueules dansait
La merveilleuse salamandre ;
Sa chanson, je pourrai l’entendre,
En approchant un peu… qu sait ?

Dans un ciel d’or est un zébu
De sable dont l’esprit s’éveille ;
Il en sortira des merveilles,
Ou des figures de rebut.

Au ciel d’azur un âne vole,
Auquel un ange dit des mots ;
Ange, parler aux animaux
Est un loisir un peu frivole !

Cochonfucius

Apanage de gueules

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J’ai vu la chèvre d’or à l’élégant maintien
Droite sous le soleil ainsi qu’une luronne,
Face au renard d’argent, que sa grâce n’étonne ;
Tous deux semblaient avoir un paisible entretien.

Ce monde est fait ainsi : parler de tout, de rien
Et de je ne sais quoi, un chacun s’y adonne,
Qu’il soit duc, vigneron, renard, chèvre ou baronne ;
Le bavardage emplit le cadre quotidien.

Tel n’est point mon état de taciturne aragne :
Je vais loin de la foule et, paisible, je gagne
Les hauteurs où domine un silence béni ;

Ma toile est un hamac solide et confortable ;
C’est, en ces temps mouvants, une structure stable,
C’est le point d’où je peux contempler l’infini.

Cochonfucius