Sur le trône

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Composition de l’auteur

Le père Dupanloup, vêtu en majesté
Des habits que jadis porta l’apôtre Pierre,
Prend garde de ne rien laisser traîner par terre
Et que son suspensoir reste bien ajusté.

Sur son trône, il savoure un repos mérité,
Sachant qu’il s’est livré, sous la clarté lunaire,
À des ébats, dit-on, plutôt spectaculaires,
Au gré de son désir toujours ressuscité.

Ô Félix, à bon droit la chronique te vante :
Les nonnes du palais, qui sont plus de cinquante,
Ne disent que du bien de tes pouvoirs divins.

Mais tu rends à présent tes devoirs à l’Église ;
Et, selon l’habitude en ta jeunesse prise,
Tu vides le calice empli du meilleur vin.

Cochonfucius

Dupanloup dans Strasbourg

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Image du blog Herald Dick Magazine

C’est un rendez-vous entre évêques,
Au joli palais de Strasbourg ;
On y mange des petits fours,
On rit dans la bibliothèque.

Le service est fait par des nonnes ;
Dans leur regard, que de douceur !
Restez donc avec nous, mes soeurs,
Vous nous servez mieux que personne.

Dupanloup dans les couloirs rôde,
L’appartement devient obscur ;
L’effroi, soudain, longe les murs,
On dirait une haleine chaude.

Cochonfucius

Bouffons d’argent

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Composition de l’auteur

Bouffons d’argent, buveurs de nuit,
Que vous faites de bruit !
Allez donc voir la nonne brune
Qui rêve sous la lune.

Bouffons d’argent d’on ne sait où,
Vos propos sont de fous ;
Pas plus aimable votre vie
Qu’une journée de pluie.

Mais quand, dans l’aube au goût de sel,
Vous buvez l’hydromel,
À vos pieds, cent muses amies
Se posent endormies.

Cochonfucius

Bouc ermite

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image de l’auteur

Il se tient solitaire, en une paix profonde,
Méditant vaguement dans la clarté du jour ;
Et parfois même il songe à d’anciennes amours,
Du temps qu’il savourait les plaisirs de ce monde.

Sa mémoire fidèle en souvenirs abonde
Et ne fait que le suivre au chemin sans retour ;
Ainsi que le guetteur sur la plus haute tour,
Il scrute l’univers, il écoute à la ronde.

Jadis, il fréquentait une chèvre admirable
Qui voulut lui donner des enfants adorables ;
Puis il s’éloigna d’elle, on ne sait pas pourquoi.

L’anachorète-bouc n’est pas un triste sire,
Aristote et Platon s’accordent pour le dire ;
Car ils l’ont bien connu, ces penseurs d’autrefois.

Cochonfucius